Cette année, le Cégep entame sa planification stratégique pour la période 2021-2026. Il s’agira d’un grand travail collectif dans le cadre duquel toute la communauté aura l’occasion de contribuer à la conception du cégep de Saint-Laurent de demain. Nous profitons de l’occasion pour revenir sur les coups de cœur qui ont marqué le bilan du dernier Plan, question de mettre en valeur les réussites de la communauté, mais aussi pour que les bons coups puissent servir de source d’inspiration lors des consultations à venir.

Le Plan stratégique de développement 2015-2020 exprimait la volonté du cégep de Saint-Laurent de développer son offre de formation et de services à la communauté ainsi que de multiplier les échanges et les situations de collaboration tant à l’interne qu’à l’externe.

Le Tremplin DEC pour immigrants allophones (à ne pas confondre avec le Tremplin DEC à la formation régulière), un cheminement qui s’est ajouté à l’offre du Cégep pendant cette période, répond et dépasse ces attentes. Rencontre avec Rosine Sicignano, conseillère pédagogique à la Formation continue, pour mieux comprendre ce qui fait de ce parcours une expérience si notable.

 

 

Trois facteurs clés qui ont fait du Tremplin DEC pour immigrants allophones un coup de cœur

  • Une compréhension globale des besoins des étudiantes et des étudiants ciblés
  • Un projet social et communautaire
  • Une approche interculturelle ouverte et respectueuse

 

 

Développer une formation selon les besoins des étudiants et des étudiantes

Né du constat que ceux et celles qui terminaient leur parcours en francisation n’avaient pas toujours acquis un niveau de français leur permettant de poursuivre des études au niveau collégial, le Tremplin DEC pour immigrants allophones visait d’abord à améliorer la maîtrise de la langue.  « L’objectif premier était de permettre l’acquisition de compétences : d’une part, développer un niveau de français suffisant pour réussir ses études collégiales et intégrer la société québécoise et d’autre part, répondre aux exigences d’entrée des examens au collégial » explique madame Sicignano.

Rapidement, d’autres besoins se sont manifestés. Au-delà de la maîtrise de la langue, il y a avait un besoin de soutien en matière d’intégration.

La langue, c’est certainement la porte d’entrée de l’intégration, mais ça ne s’arrête pas là. Il faut maîtriser la culture, les codes, comprendre comment se fait une recherche d’emploi, accéder aux services qui nous sont offerts, etc. Ce sont des étudiants et des étudiantes qui ont fait plus d’un an de francisation. Un long programme de plusieurs mois ne serait donc pas nécessairement adapté à leur réalité.

 

– Rosine Sicignano, conseillère pédagogique à la Formation continue

Ainsi, le Tremplin DEC pour immigrants allophones est d’une durée de quatre mois, lors desquels les étudiantes et les étudiants peuvent acquérir une maîtrise du français permettant d’intégrer un programme de DEC, une AEC, poursuivre à l’université ou entrer dans le monde du travail. Ils apprennent aussi à mieux comprendre la société québécoise en étant plongés dans des situations très pratiques, comme un salon de l’emploi ou une entrevue.

 

 

Un projet social qui reflète les valeurs de la communauté

Pour Rosine Sicignano, le Tremplin DEC pour immigrants allophones est plus qu’un cheminement d’études: c’est un véritable projet social, fidèle aux valeurs du cégep de Saint-Laurent. Dans le cours Plan d’action académique et professionnel, les étudiants et les étudiantes se dessinent un plan de carrière ou de formation, en fonction de leurs compétences, de leurs envies et des possibilités qui s’offrent à eux. « C’est une autre vision de la réussite, souligne madame Sicignano, une vision qui va au-delà de la diplomation. »

Rada (nom fictif pour protéger l’identité de l’étudiant) est arrivé au Canada en tant que réfugié et ne parlait pas un mot de français. Comme plusieurs de ses collègues de classe, il avait vécu énormément d’insécurité avant d’arriver au Québec et n’avait pas pu emporter avec lui ses diplômes. Difficile d’intégrer le monde du travail dans une telle situation! Il a donc complété le programme de francisation au cégep de Saint-Laurent puis s’est inscrit au Tremplin DEC pour amener plus loin sa maîtrise de la langue et de se définir un projet de carrière. Aujourd’hui, Rada s’exprime avec aise en français et travaille dans une firme de génie civile.

« C’est un cheminement qui nous tient à cœur, témoigne Rosine Sicignano. On voit l’impact direct sur la vie de nos étudiants et de nos étudiantes. »

 

 

Une approche interculturelle ouverte

Les étudiants et les étudiantes du Tremplin DEC pour immigrants allophones ont tous et toutes des parcours et des expériences de vie uniques. C’est pourquoi les occasions d’échange entre les différents secteurs du Cégep font aussi partie du parcours. « On veut outiller les étudiants et les étudiantes, tout en leur permettant de garder leurs repères. On veut multiplier les occasions d’échange, faire profiter de la diversité des parcours à toute la communauté, et cela ne se fait pas en sens unique » rapporte madame Sicignano. Ainsi, en Tremplin DEC pour allophones, il est possible de participer à de nombreuses activités de l’animation socioculturelle du Cégep, plus traditionnellement conçues pour les étudiants et les étudiantes du régulier. « Chaque occasion de créer des liens, de vivre une expérience concrète, c’est une occasion d’apprentissage riche autant pour la population étudiante du régulier que celle de la formation continue. »

 

Pour toutes ces raisons, la mise sur pied du Tremplin DEC pour immigrants allophones a trouvé sa place au sein des coups de cœur du bilan du Plan stratégique 2015-2020.

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